Les Jeux olympiques de Sydney vus par Maxime Boccon 11e en Kayak quatre places K4H 1 000 m

Maxime Boccon est né en 1974. Il commence le kayak en 1984 à Port sur Saône grâce à Pierre Rigolot dont la femme était son institutrice. Il intègre rapidement la section sports-étude de Besançon et le club du SNB (Société Nautique de Besançon).
Maxime a été sélectionné, comme spécialiste de K4, à cinq championnats du Monde sur 1000 m et également 200 m : Copenhague (1993), Mexico (1994), Duisbourg (1995), Darmouth (1997), Szeged (1998) et aux J.O. de Sydney en 2000. Cet équipage, composé de Frédéric Gauthier, Maxime Boccon, Pierre Lubac et Stéphane Gourichon, termine 5e de la demi-finale olympique.
Maxime arrête le haut niveau après 2000 ; il continue à pratiquer le kayak et participe toujours aux compétitions nationales.
SYDNEY 2000 : Du rêve à la réalité
Mon Histoire
Mon premier rêve olympique m’a touché à l’âge de 16 ans. J’étais cadet, dans un petit club (Port sur Saône en Haute Saône à 12 km de Vesoul) qui m’avait fait découvrir ce sport lors d’un stage d’été.
J’avais un niveau régional et je décidais d’aller soutenir l’équipe de France avec les supporters de Montendre (Charente-Maritime) lors des championnats du monde de Plovdiv – Bulgarie en 1989, où courait notamment un certain Philippe Boccara.
Malgré un voyage éprouvant, j’en ai pris « plein les yeux » et, dès mon retour, j’annonçais à mes parents : « Un jour j’irai aux J.O. ! »
Je commençais alors à m’entraîner plus régulièrement, puis plus durement pour atteindre le top 5 des cadets. Direction le «sport-études» de Besançon et son club le Sport Nautique Bisontain. J’y ai pris ma licence et remporte ma première médaille nationale en junior, à l’occasion des championnats de France 1991.
L’année suivante, j’étais le meilleur junior et 3 fois finaliste aux championnats du monde à Hambourg en 1992.
Débutait alors pour moi, le haut niveau chez les séniors avec de nombreuses courses pour finir « spécialiste du K4H 1 000m », seule distance olympique en K4 à l’époque.
La préparation des Jeux olympiques de Sydney 2000
Étant alignés pour ouvrir un précieux quota à Milan en 1999, nous prîmes la dernière place qualificative pour seulement 5 millièmes de seconde devant les Néo-Zélandais : mon rêve olympique prenait forme !
C’est seulement l’année suivante que ma sélection devint définitive après des courses de sélections fratricides.
Le K4 olympique était composé de Frédéric Gauthier, Pierre Lubac, Stéphane Gourichon et moi-même à la deuxième place.
Je vous passe les longs mois d’entraînement et de préparation.
En février 2000, nous avons eu la chance de nous rendre sur le site de Sydney durant 3 semaines en février pour découvrir le bassin et «apprivoiser» les lieux.
Les JO de Sydney

Vint alors le GRAND JOUR de la cérémonie d’ouverture. Un de mes équipiers m’avait dit « c’est loin l’Australie, il n’y aura personne dans le stade ». Nous voilà sous les tribunes pour déboucher au milieu des délégations et d’une arène pleine à craquer. Mon ami avait largement sous-estimé la culture sportive Australienne et internationale, cette fois on y était !
On se sent fier et si petit à la fois ! Au village olympique, on croisait les stars des autres disciplines sportives, chose unique pour un sport plutôt confidentiel comme le nôtre.
Les courses
Lors de la demi-finale, lorsque l’on remonte le couloir d’échauffement avant de tourner à droite pour s’aligner au départ, quelle sensation de se dire « ça y est, on y est enfin les gars » !
Nous savions que l’adversaire était fort, que nous courions dans une catégorie trop élevée pour nous, alors, nous avons tout donné, n’ayant rien à perdre. Le résultat : 5e devant les Australiens à domicile, juste à notre gauche et avec une seule petite seconde qui nous empêche d’accéder à la finale… Cette course venait d’être celle de ma vie !

Voici les résultats des courses de K4.
L’ambiance à Sydney et à la maison de la Tribu
La maison de la Tribu c’était presque devenu une famille à la fin, tellement on a partagé de bons moments et de déceptions mais toujours ensemble… Encore bravo aux bénévoles pour la popote et l’ambiance !

La suite de ma carrière de kayakiste et de sportif après les JO
Le retour des JO a été dignement fêté à Besançon puis en 2001 j’ai tracté le bateau-mouche avec mon kayak pour faire un record et surtout que l’on parle de notre sport trop souvent confidentiel…
J’ai arrêté trois années la compétition pour élever mon fils puis j’ai repris en National.
Une rencontre inédite à Besançon en 2022 avec le «BOC» : Philippe Boccara
Le Boc est apparu en septembre 2022 au club de Besançon. Le coach, surpris, m’a appelé ! Moi-même étonné de sa venue j’ai tout plaqué pour passer une après-midi hors norme avec lui. J’étais en quelque sorte son successeur, au moins pour le club, vu son palmarès. On a fait le tour des légendes bisontines : Jacqueline Lecot, Patrick Suranyi, Frédéric Allemann et le resto de la Malate avec Catherine Mathevon… un rêve en sorte. On s’était juste recroisé aux JO de Sydney alors qu’il participait à 41 ans à ses 6e Jeux olympiques en K2 1000m pour les USA… Imaginez : il a participé à six JO : 4 pour la France et 2 pour les USA. J’ai donc eu plaisir de le revoir avec mes yeux de cadet de 1989 a à Plovdiv où j’étais venu l’encourager !

Maxime Boccon (mars 2024)
Témoignage recueilli par J-Paul Cézard et Sylvaine Deltour
Les témoignages n’engagent que leurs auteurs