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Angèle Hug médaillée d’argent et rayonnante

Angèle fait partie des outsiders. Cinquième aux championnats du monde 2023, l’Ardéchoise obtient sa qualification olympique à Prague un mois avant les JO. Avec un parcours sans faute, à tout juste 24 ans, Angèle gagne avec « sang-froid » la première médaille française en kayak cross. © R. Bruneau/FFCK

Le protocole d’une épreuve de kayak cross

Qualification, Camille Prigent après le saut du départ.

Disputée contre la montre, la qualification a trois objectifs : permettre à chaque sportif de reconnaître en solo le parcours en condition de course, sélectionner les 32 pagayeurs pour le tableau final et déterminer la constitution de groupes équilibrés pour le premier tour des épreuves en opposition. Ensuite, les différents « rounds » se déroulent en confrontation directe par groupe de quatre bateaux, les deux premiers se qualifient pour le tour suivant jusqu’à la finale. © CNOSF/KMSP

Boris Neveu, 7e une déception cruelle

Boris Neveu à l’arrivée des quarts de finale. Boris c’est l’homme d’expérience du kayak cross français. Trois fois second aux championnats du monde (2017-2018-2023). Il débute parfaitement son parcours olympique : 4e en qualification, puis trois fois premier en huitième, série et quart de finale. Mais en demi-finale « ça coince », il est battu par les deux mêmes bateaux que Titouan Castryck en quart de finale. © R. Bruneau/FFCK

Camille Prigent, 9e

Camille gagne l’épreuve de qualification devant Jessica Fox. Elle remporte les deux premiers tours, tout semble sur des rails, mais elle est éliminée en quart de finale. Elle se classe 9e. © R. Bruneau/FFCK

Titouan Castryck, 9e

Titouan démarre de la meilleure façon les épreuves de kayak cross, 3e des qualifications et vainqueur des deux premiers tours. En quart de finale, il franchit en premier la ligne d’arrivée mais la sanction annoncée est confirmée quelques minutes après. Auteur d’une pénalité, une porte manquée, il est éliminé et n’accède pas à la demi-finale. © R. Bruneau/FFCK

Kayak-cross, origine, évolution

La tentation du slalom parallèle pour améliorer le développement ou la médiatisation du slalom est ancienne. Dès les années 1980-1990 des prémices de compétitions de kayak cross se déroulent sur l’Ubaye et à Bourg-Saint-Maurice. Dans son format actuel, le kayak cross est inscrit en 2015 comme épreuve de démonstration lors de la Coupe du monde de Pau. En 2017, toujours à Pau, il fait son entrée officielle au programme des championnats du monde. En 2024, il entre au programme olympique à Paris grâce à un transfert de deux épreuves de l’eau calme (sprint) vers l’eau-vive. Une mutation à l’inverse de celle des JO de Montréal 1976 où la course en ligne avait accueilli quatre nouvelles épreuves sur 500 m suite à la disparition du slalom olympique.
Le cross est une discipline nouvelle en kayak inspirée d’autres sports comme le BMX, olympique depuis les JO de 2008, ou le ski cross depuis 2010. Ces nouveaux sports partagent des similitudes : rampe de départ, obstacles à franchir, confrontation directe, contacts autorisés dans le respect de règles, équipement individuel de sécurité renforcé, classement à la place et pas au chrono. Ils partagent aussi un vocabulaire : spectaculaire, suspens, extrême, fun, adrénaline, imprévisible, médiatisé, etc. Bienvenue dans un nouveau monde.
La Fédération internationale de canoë (FIC) intègre le kayak cross au sein de « l’ancien monde » du slalom. Et pourtant, ce sont deux univers fondamentalement différents. L’essence du slalom c’est le contre la montre et l’évitement des obstacles (fiches et rochers). Le kayak cross c’est le contraire, la confrontation directe entre adversaires et le contact avec les obstacles et les autres bateaux. Le slalom c’est éviter l’esquimautage qui fait perdre du temps, en cross il devient obligatoire et offre l’opportunité d’en gagner.
Le kayak cross a réussi son entrée aux JO de Paris 2024 mais des progrès restent vraisemblablement à accomplir pour assurer sa pérennisation. En premier lieu, définir son essence, c’est-à-dire ce qu’il a de plus important, de plus original. Des pistes d’évolution sont à étudier : utiliser des bassins plus spectaculaires, ouvrir des épreuves pour les canoës, diversifier la nature des obstacles, simplifier le jugement pour parvenir au résultat instantané, rendre les formats de course plus attractifs, etc.

Pour mieux comprendre le kayak cross et son origine, voici « L’apparition d’une discipline »  un film de 53 minutes réalisé, en mai 2025, par Tanguy Adisson